Un roi, une reine et leur carrosse partent sur les routes, et c'est l'anim qui raconte le voyage. Autour, chaque joueur incarne un élément de l'attelage et s'installe sur sa chaise.
Le principe tient dans l'oreille : dès qu'un joueur entend le nom de son rôle dans l'histoire, il se lève, fait le tour de sa chaise et se rassoit. Et quand le mot « carrosse » tombe, c'est toute la troupe qui bondit d'un coup.
Ça se joue assis, en salle ou dehors autour de quelques chaises. Plus l'anim accélère et rapproche les mots, plus l'attelage s'emballe.
Matériel
Une chaise par joueur, disposées en forme de carrosse.
L'histoire ci-dessous, imprimée, pour que l'anim la lise à voix haute.
Règles du jeu
Le carrosse en chaises
On aligne les chaises pour dessiner un carrosse : les deux chevaux devant, le cocher juste derrière, puis les roues, et le roi et la reine assis au milieu. Une chaise par rôle.
Chacun son rôle
On répartit les rôles : le roi, la reine, le cocher, le cheval blanc, le cheval noir, le fouet, et les roues (un même petit groupe pour les quatre). Chaque joueur retient bien le sien.
L'anim raconte
L'anim lit l'histoire à voix haute. Dès qu'un joueur entend son mot, il se lève, fait le tour de sa chaise et se rassoit. Au mot « carrosse », tout le monde le fait ensemble.
Les gages
Qui se trompe de mot ou réagit en retard récolte un gage. On peut aussi récompenser à la fin le joueur qui n'a jamais flanché.
Tout est dans le débit : commencez lentement, le temps que chacun retrouve son rôle, puis accélérez et rapprochez les mots. C'est le tempo qui fait le jeu, pas le volume.
📖 L'histoire à lire
Il était une fois un roi et une reine qui vivaient tout au bout de la forêt. Ce matin-là, ils montèrent dans leur carrosse pour rejoindre la colo, où on les attendait pour le grand goûter.
Le cocher grimpa sur son banc, attrapa son fouet et réveilla les chevaux. Le cheval blanc s'ébroua, le cheval noir tapa du sabot, et le carrosse s'ébranla sur le chemin.
On traversa d'abord le village. Les gens sortaient sur le pas des portes pour saluer le roi et la reine, et le cocher ralentissait le carrosse pour qu'on ait le temps de faire coucou. Déjà, la roue avant-gauche poussait son petit grincement.
Sur la grand-route, tout roulait bien. La roue avant-droite tournait rond, la roue arrière-droite suivait sans broncher, la roue arrière-gauche restait muette. Seule la roue avant-gauche grinçait — elle grinçait toujours, cette roue avant-gauche, depuis le premier jour.
« Cocher, cocher, mon cher cocher ! » appela le roi. « Entends-tu ce bruit ? » Le cocher tendit l'oreille et rassura son roi : « Ce n'est que la roue avant-gauche, mon roi. Elle chante à sa manière. »
Plus loin, un vieux pont de bois enjambait la rivière. Le cocher fit avancer les chevaux au pas. Le cheval blanc posa un sabot prudent, le cheval noir suivit, et le carrosse traversa planche après planche. La roue arrière-gauche manqua de glisser entre deux lattes ; la reine retint son souffle, mais tout passa.
De l'autre côté, le carrosse entra dans un bois sombre. D'un coup, des brigands surgirent des fourrés. La reine poussa un cri. Le cocher leva son fouet, pressa le cheval blanc, pressa le cheval noir, et le carrosse fila.
Les brigands couraient derrière. Le cocher fouettait, le cheval blanc galopait, le cheval noir galopait à ses côtés. Les quatre roues tournaient à toute allure : la roue avant-droite, la roue arrière-droite, la roue arrière-gauche, et bien sûr la roue avant-gauche, qui grinçait deux fois plus fort.
Le chemin grimpa, puis plongea d'un coup. Le carrosse dévala la pente, le carrosse rebondit sur les cailloux, le carrosse semblait voler. « Tiens bon, cocher ! » suppliait la reine, pendant que le roi s'accrochait à son chapeau. La roue avant-gauche grinçait à réveiller toute la forêt.
Peu à peu, les brigands lâchèrent prise. Le cocher laissa les chevaux souffler. Le cheval blanc ralentit, le cheval noir reprit son calme, et le cocher rangea enfin son fouet.
À l'arrêt, le cocher descendit vérifier le carrosse. La roue avant-droite avait tenu. La roue arrière-droite et la roue arrière-gauche aussi. Et la roue avant-gauche, celle qui grince depuis toujours, n'avait pas lâché d'un pouce.
Le carrosse arriva enfin devant la colo, juste à temps pour le goûter. Le roi et la reine descendirent, salués par tout le monde. « Vive le cocher ! Vivent les chevaux ! Et vive la roue avant-gauche, qui a tenu jusqu'au bout ! »
Variantes possibles
Les roues éclatées (jusqu'à 10 rôles)
Pour un plus grand groupe, on donne une roue à chaque joueur : avant-gauche, avant-droite, arrière-gauche, arrière-droite. Avec le roi, la reine, le cocher, les deux chevaux et le fouet, ça fait dix rôles. La roue avant-gauche, nommée sans arrêt, devient le poste le plus sportif.
En équipes
S'il y a beaucoup de monde, on confie chaque rôle à une petite équipe plutôt qu'à un seul joueur. Tout le groupe se lève et fait le tour de ses chaises en même temps.
Votre histoire
L'histoire n'est qu'un support. Vous pouvez la réécrire à votre sauce, y glisser les prénoms du groupe ou le thème du séjour, du moment que les mots-rôles reviennent souvent et se bousculent sur la fin.
