

La sortie à vélo en ACM : encadrement, taux et règles de circulation
Une sortie à vélo en groupe n'a aucune fiche technique en ACM : ce qui s'applique, c'est le taux général de ton accueil et le code de la route. Qui peut encadrer, faut-il vraiment être deux, et ce que le code dit de la file simple, du casque et de la circulation en groupe.
Une sortie à vélo avec un groupe n'a aucune fiche technique dans la réglementation des accueils collectifs de mineurs. Ce qui s'applique, c'est le taux général de ton accueil et le code de la route, qui vaut pour tout le monde, mineurs encadrés compris.
Le plus surprenant tient à ce que ce code ne dit pas. Il ne fixe pas le nombre de cyclistes d'un groupe, et rouler à deux de front n'est pas interdit — contrairement à ce qu'on lit sur la plupart des sites d'animation.
Le régime
Est-ce que ta sortie relève bien de cette page ?

Une sortie à vélo n'a aucune réglementation propre. Une randonnée sur un itinéraire balisé, si. Et ce qui fait basculer de l'une à l'autre, ce n'est ni l'engin ni l'âge des jeunes : c'est le terrain.
L'arrêté du 25 avril 2012 liste les activités physiques soumises à des conditions d'encadrement particulières en accueil collectif de mineurs. Rouler jusqu'au gymnase ou faire une boucle sur route n'y figure nulle part.

Autrement dit, ce n'est pas le vélo qui déclenche la réglementation, c'est ce que tu en fais. Dix vélos qui roulent jusqu'à la piscine, c'est un déplacement, et c'est le sujet de cette page.

Ta sortie est un déplacement : tu es au bon endroit
Un trajet, une balade, une sortie loisir. Aucune fiche technique, aucune qualification exigée — le taux général de ton accueil et le code de la route, rien de plus.
Attention au raccourci : l'absence de réglementation propre ne dispense d'aucune mesure de sécurité. Le repérage de l'itinéraire, l'état des vélos et la place des encadrants restent de ta responsabilité.

Ta sortie est une activité VTT : va voir l'autre guide
Sentier balisé de niveau vert ou bleu, site labellisé, terrain accidenté, parcours de descente : là, une fiche technique s'applique, avec un encadrant qualifié et un taux propre.
Tout est dans le guide de l'encadrement du VTT en ACM.
Un déplacement n'est pas une activité sportive
Aucun texte ne trace cette frontière. Les mémentos départementaux, eux, la tracent — et au même endroit : le Morbihan comme la Bourgogne-Franche-Comté rangent « le vélo (en promenade) » parmi les activités non réglementées.
Ce guide retient la même lecture : une fiche d'annexe décrit une activité, pas un mode de transport. Rejoindre un lieu à vélo reste un déplacement, quel que soit le vélo.
La balade
Qui peut encadrer une sortie à vélo ?

N'importe quel membre de ton équipe pédagogique. Aucun brevet, aucune qualification sportive — et c'est la réponse pour la grande majorité des sorties à vélo.
La raison tient en une phrase : une balade à vélo ne figure dans aucune annexe de l'arrêté du 25 avril 2012. Ce qui s'applique, c'est le taux général de ton accueil et le code de la route, rien de plus.
Les mémentos départementaux la rangent parmi les activités physiques ludiques, celles qui cumulent quatre traits :
« pas de risque spécifique » ;
une « finalité ludique, récréative ou liée au déplacement (vélo) » ;
« sans objectif d'acquisition d'un niveau technique ou de performance » ;
une « pratique non intensive », accessible à tout le groupe.
Le vélo y est cité nommément, et le mémento de la DRAJES Bourgogne-Franche-Comté répond alors sans détour : « Tout membre de l'équipe pédagogique, sans qualification sportive particulière, encadrement possible par un mineur. »
Et l'animateur de 16 ou 17 ans ? Il compte dans ton taux d'encadrement — ce point-là est solide. L'art. R. 227-12 définit les fonctions d'animation sans poser la moindre condition d'âge, et R. 227-15 compte des « personnes exerçant des fonctions d'animation », jamais des personnes majeures.
Le ministère chargé de la jeunesse le dit sans détour : « Certains animateurs peuvent n'avoir que 16 ans ; la réglementation ouvre la possibilité pour l'organisateur de recruter des animateurs stagiaires en formation qui doivent avoir au moins 16 ans » (jeunes.gouv.fr). Ce qui sort du taux, c'est d'intervenir ponctuellement (R. 227-20), pas d'être mineur.
Peut-il être l'encadrant, et pas seulement dans l'effectif ?
Là, deux mémentos se contredisent sur exactement la même case. La Bourgogne-Franche-Comté écrit « encadrement possible par un mineur (ex : stagiaire BAFA) » ; le Morbihan, qui range pourtant « le vélo (en promenade) » au même endroit, ajoute « dans tous les cas, l'encadrant doit être majeur ».
Aucun texte ne tranche : la seule exigence de majorité est celle de R. 227-13, pour « l'encadrement des activités physiques », et rien ne dit si une balade en est une. Demande à ta SDJES avant de bâtir une sortie là-dessus.
Le taux
Combien d'encadrants pour un groupe à vélo

C'est le taux général de ton accueil qui s'applique — celui du périscolaire, de l'accueil de loisirs ou du séjour. Il n'existe aucun taux propre à la sortie à vélo. Le détail cadre par cadre est dans le guide du taux d'encadrement.
Ce taux général est un plancher, pas un plafond. Une sortie sur une route fréquentée ou un parcours en forêt peut justifier des encadrants en plus, et personne ne te le reprochera — c'est l'inverse qui se reproche.

Un point de vocabulaire, qui compte en cas de contrôle : ce taux se compte en personnes exerçant des fonctions d'animation, pas en adultes présents.
Le taux se compte en encadrants, pas en adultes présents
Un parent accompagnateur ou un stagiaire non déclaré ne fait pas monter ton taux. Ce qui compte, ce sont les personnes déclarées dans l'équipe et exerçant des fonctions d'animation — c'est aussi ce que vérifie un contrôle.
Être deux
Faut-il être deux animateurs à vélo ?
Deux animateurs : ce n'est pas dans la loi, mais c'est fortement recommandé par les SDJES. Voilà la réponse en une phrase — et le détail vaut la peine, parce que c'est sur cette recommandation qu'on jugera ton organisation.
Une règle « deux personnes minimum » existe bien dans le code de l'action sociale et des familles : un séjour de vacances doit compter au moins deux encadrants dans son équipe (R. 227-18 — même exigence en séjour court ou spécifique, R. 227-19, et pour l'hébergement accessoire d'un accueil de loisirs, R. 227-17). C'est un minimum pour l'équipe du séjour, pas pour chaque activité : rien n'oblige la sortie vélo elle-même à partir à deux.
En accueil de loisirs sur une journée, rien de tel : R. 227-15 et R. 227-16 ne posent que des ratios. Un petit groupe de grands peut donc, à la lettre, sortir avec un seul animateur.

Sauf que la doctrine officielle, elle, est unanime — et c'est elle qu'on t'opposera. Le mémento de la SDJES de l'Ain écrit qu'un déplacement à vélo « ne devra en aucun cas être inférieur à 2 animateurs (1 devant et 1 derrière), et cela même à faible effectif ».
Les instructions de la DRAJES Bourgogne-Franche-Comté disent la même chose dans les mêmes termes : « Le groupe, même à faible effectif, est encadré par un minimum de 2 animateurs, dont un en position de serre-file. » Le mémento du Gard décrit le même dispositif.
Un détail achève de situer ces recommandations : ces mêmes mémentos ne s'accordent pas entre eux sur le sujet voisin. La Bourgogne-Franche-Comté fractionne les groupes à dix cyclistes, le Gard à douze.

Quand trois sources convergent sur un point et divergent sur celui d'à côté, c'est qu'aucune ne lit le même texte — pour la bonne raison qu'il n'y en a pas.
La lecture de ce guide : pars à deux. Ce n'est pas une obligation écrite, c'est une convergence totale de la doctrine officielle, et c'est sur elle qu'on jugera ton organisation si quelque chose arrive.
Deux animateurs, et deux rôles distincts
Les mémentos ne demandent pas seulement deux adultes, ils leur donnent chacun un poste. Le chef de file règle l'allure et annonce les obstacles ; le serre-file surveille l'arrière et ordonne la remise en file quand un véhicule s'apprête à dépasser.
Avant de partir
Avant de partir : le casque et l'état des vélos

Deux choses seulement sont obligatoires avant une sortie à vélo : le casque des plus jeunes et des vélos en règle. Tout le reste relève de ton organisation.
L'art. R. 431-1-3 du code de la route impose le casque attaché à tout cycliste de moins de 12 ans. Ça vaut partout, sur un trajet comme sur un chemin.

Le même article ajoute la disposition qui te concerne directement : l'adulte qui accompagne un cycliste de moins de 12 ans doit s'assurer qu'il est casqué, dès lors qu'il « exerce une autorité de droit ou de fait » sur lui.
C'est la définition même d'un animateur en ACM. Et c'est lui qui encourt l'amende de 4ᵉ classe, pas l'enfant.
Au-delà de 12 ans, le casque n'est plus obligatoire — ce qui n'empêche personne de l'imposer à tout le groupe, et la plupart des accueils le font.
Pour les vélos, l'équipement exigé n'est pas dans la réglementation des accueils mais dans le code de la route, et il pèse sur chaque cycliste : freins, avertisseur sonore, catadioptres, feux quand la visibilité baisse. Le détail est dans la partie « Sur la route » ci-dessous, et il se vérifie avant de partir plutôt que sur le bas-côté.

Le dispositif Savoir Rouler à Vélo, lui, n'est pas une obligation. C'est un programme du ministère des Sports pour les 6-11 ans, en trois blocs — savoir pédaler, savoir circuler, savoir rouler à vélo — que les accueils sont encouragés à intégrer, rien de plus.
Vérifier que le jeune sait faire du vélo n'est écrit nulle part
Beaucoup de mémentos présentent la « vérification de la capacité du mineur à maîtriser l'engin » comme une condition de l'arrêté. Elle n'y figure pas : les deux fiches ont été relues mot à mot. C'est une bonne pratique, et elle en vaut la peine — mais on ne peut pas te l'opposer comme une obligation.
Sur la route
Faire circuler le groupe sur la chaussée

Oui, ton groupe peut rouler sur la chaussée. Il n'existe aucun régime dérogatoire pour un groupe de mineurs encadrés : ce sont les règles du cycliste ordinaire qui s'appliquent, à chacun de tes jeunes.
La piste cyclable n'est pas obligatoire par défaut. L'art. R. 431-9 du code de la route le dit clairement : « l'obligation d'emprunter les bandes ou pistes cyclables est instituée par l'autorité investie du pouvoir de police après avis du préfet ».
C'est donc une décision locale, signalée sur place. Le même article autorise le vélo sur les accotements revêtus, et sur les aires piétonnes à condition de « conserver l'allure du pas ».

Voilà le point sur lequel presque tout le web se trompe. L'art. R. 431-7 dispose que les cyclistes « ne doivent jamais rouler à plus de deux de front sur la chaussée ». C'est un plafond, pas une interdiction : rouler à deux de front est autorisé.
La file simple s'impose dans trois cas seulement — « dès la chute du jour », quand les conditions de circulation l'exigent, et « notamment lorsqu'un véhicule voulant les dépasser annonce son approche ».
Avec une exception que l'article pose lui-même et qu'on oublie souvent : sur une aire piétonne, une voie verte ou une zone de rencontre, l'obligation de repasser en file simple ne s'applique pas — même à la tombée du jour.
Un mémento départemental peut écrire l'inverse, et certains le font. C'est leur doctrine, pas le texte — mais c'est cette doctrine que la SDJES t'opposera sur le terrain, alors autant savoir ce que dit la tienne avant de partir.
Et il n'existe aucun seuil chiffré de fractionnement d'un groupe de cyclistes. Ni 10, ni 12, ni 20 : les treize articles du chapitre « circulation des cycles » ont été relus, aucun ne fixe de nombre maximal ni d'intervalle entre sous-groupes.
Le fameux « 20 mètres de colonne, 50 mètres d'écart » que recopient les mémentos est recopié, lui, de l'art. R. 412-42 — un article qui régit les colonnes de piétons, et qui ne parle que de gens qui marchent.

Fractionner un gros groupe reste évidemment une bonne idée, comme placer un animateur en tête et un en serre-file. Simplement, c'est ton choix d'organisation, pas une règle qu'un contrôle pourrait t'opposer.

Le gilet de haute visibilité
Obligatoire hors agglomération seulement, la nuit ou le jour quand la visibilité est insuffisante (art. R. 431-1-1). En agglomération, il ne l'est pas — ce qui n'empêche pas de l'enfiler quand même sur une sortie de groupe.

Les feux, les catadioptres et la sonnette
Les feux — blanc ou jaune à l'avant (art. R. 313-4), rouge à l'arrière (art. R. 313-5) — ne sont exigés que la nuit ou par visibilité insuffisante, et le cycliste peut les porter sur lui plutôt que sur son vélo, ce qui autorise un brassard ou un feu de casque.
Les catadioptres arrière (art. R. 313-18), avant et de pédales (art. R. 313-20), eux, sont obligatoires en permanence. La sonnette aussi : l'art. R. 313-33 impose « un appareil avertisseur constitué par un timbre ou un grelot dont le son peut être entendu à 50 mètres au moins ».
Ces obligations pèsent sur chaque cycliste, pas sur le groupe : c'est le vélo de chaque jeune qui doit être en règle, et c'est à toi de le vérifier avant de partir plutôt que sur le bord de la route.
Les écouteurs sont interdits en roulant
L'art. R. 412-6-1 interdit à tout conducteur de véhicule « le port à l'oreille de tout dispositif susceptible d'émettre du son ». Le cycliste est un conducteur de véhicule, donc il est visé — l'interdiction porte sur le fait de porter l'oreillette, même si rien ne joue.
Le flou
Ce que les textes ne disent pas
Deux questions reviennent sur ce sujet et n'ont pas de réponse dans les textes. Les laisser en suspens vaut mieux que de reprendre un chiffre qui circule sans source.
Ce que les textes ne disent pas
La taille d'un groupe de cyclistes sur la chaussée n'est fixée par aucun article, pas plus que l'écart entre deux sous-groupes. Les chiffres qui circulent viennent tous d'un article sur les colonnes de piétons.
Et la frontière entre le déplacement et l'activité sportive n'est définie nulle part : c'est le point le plus susceptible de varier d'une SDJES à l'autre.
Sur ces deux points, ce guide ne tranche pas à ta place. Il pose les articles pour que tu puisses vérifier, et signale que ce qui circule ailleurs comme une règle chiffrée n'en est pas une.
Art. R. 431-7 du code de la route — jamais plus de deux de front, et les trois cas de mise en file simple ; art. R. 431-9 — pistes cyclables, accotements, aires piétonnes.
Art. R. 431-1-3 — le casque des moins de 12 ans et la responsabilité de l'adulte accompagnateur ; art. R. 431-1-1 — le gilet hors agglomération ; art. R. 412-6-1 — le dispositif audio à l'oreille.
Équipement du cycle : art. R. 313-4 et R. 313-5 — les feux ; art. R. 313-18 et R. 313-20 — les catadioptres ; art. R. 313-33 — l'avertisseur sonore.
Art. R. 412-42 — les colonnes de piétons, d'où vient le « 20 m / 50 m » qu'on attribue à tort aux cyclistes.
Planchers d'encadrement par type d'accueil : R. 227-15 et R. 227-16 (accueil de loisirs, aucun plancher) ; R. 227-17, R. 227-18 et R. 227-19 (hébergement et séjours, deux personnes au minimum).
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