Aller au contenu
Pourquoi le corbeau est noir, légende amérindienne à raconter aux enfants : dans un paysage tout gris, le corbeau encore clair se penche sur une rangée de pots de peinture aux couleurs vives, sous le regard du vieux peintre au pinceau levé

Pourquoi le corbeau est noir

Malle de l'anim
6 à 14 ansÂge
2 à 20+Joueurs
< 30 minDurée

Pourquoi le corbeau est noir est une légende amérindienne, un conte des origines comme on en raconte pour expliquer le monde. Celui-ci répond à deux questions d'un coup : la couleur du corbeau et sa voix cassée. On le raconte en veillée autour d'un feu de camp.

🪶 Le conte en deux mots

Au temps où le monde était gris, un vieux peintre envoyé par le Grand Esprit vient donner une couleur à chaque animal. Le corbeau, arrivé le premier, laisse passer tout le monde : il veut une couleur que personne d'autre n'aura. Le soir, devant les fonds de pots, la colère le prend. Il renverse tout, le mélange de toutes les couleurs est noir, il en ressort couvert. La morale — à tout vouloir, on n'obtient rien. Le noir du corbeau est fait de toutes les couleurs qu'il n'a pas su choisir.

📖 Le texte du conte

Il y a très longtemps, le monde n'avait pas de couleurs. Le ciel était gris et l'herbe aussi. La rivière roulait une eau grise entre deux berges grises, et quand le soleil se couchait, le gris devenait simplement plus sombre, jusqu'au matin.

Les animaux vivaient dans ce monde-là sans se poser de questions. De loin, un renard ressemblait à un blaireau. Une truite ressemblait à un caillou du fond. Les oiseaux se reconnaissaient à la voix, parce qu'à l'œil, tout le monde portait le même manteau de cendre.

Pourquoi le corbeau est noir : le monde d'avant les couleurs, des animaux gris presque identiques sur la berge du lac

Le corbeau était déjà le plus malin de tous. Il savait ouvrir les coquilles en les laissant tomber sur les pierres. Il savait imiter le cri des autres. On raconte même qu'il avait, en ce temps-là, la plus belle voix du pays, un chant clair qui portait d'une colline à l'autre.

Un matin de printemps, un vieil homme arriva par le sentier du lac, un grand sac sur le dos. Personne ne l'avait jamais vu, et pourtant aucune bête ne s'écarta de son chemin. Il marchait comme quelqu'un qui sait où il va.

Le vieil homme posa son sac sur la berge. Il en sortit des pots de terre, un par un, et les aligna sur un tronc couché. Dans les pots, il y avait quelque chose que personne n'avait jamais vu : du rouge, du jaune, du vert, du bleu, et d'autres encore qui n'avaient pas de nom. Le Grand Esprit l'envoyait peindre le monde.

La nouvelle fit le tour du pays avant midi. Le lendemain à l'aube, une file d'animaux attendait devant le tronc. Elle partait de la berge et se perdait dans la brume.

Pourquoi le corbeau est noir : le vieux peintre derrière ses pots de couleurs, la file d'animaux gris qui attend

Le vieil homme travaillait bien. Il écoutait chaque bête, trempait son pinceau et peignait sans se presser. Il ne décidait jamais à la place de personne. Il posait toujours la même question : « Laquelle te ferait plaisir ? »

La grenouille voulut le vert des jeunes feuilles, pour disparaître dans les roseaux. Le cardinal choisit un rouge de braise qu'on verrait de loin sur la neige. Le geai prit du bleu de ciel sur les ailes, avec un peu de blanc que le peintre lui offrit en plus.

Le renard tourna longtemps autour des pots. Il finit par demander un roux qui n'existait pas, entre le feu et la feuille morte. Le vieil homme le fabriqua pour lui sur une pierre plate, en mélangeant deux couleurs du bout du pinceau. Le renard repartit si content qu'il ne dit pas merci.

Le corbeau, lui, était arrivé le premier, bien avant l'aube. Il était encore là au milieu du jour. Chaque fois que son tour venait, il regardait les pots, ouvrait le bec, puis laissait passer son voisin. « Après toi. Je réfléchis. »

Il donnait pourtant son avis sur chaque choix. Le rouge du cardinal ? Beaucoup trop voyant. Le vert de la grenouille ? Une couleur pour se cacher, quelle tristesse. Personne ne s'en vexait. C'était le corbeau.

Pourquoi le corbeau est noir : le corbeau clair hésite devant les pots de peinture, le peintre attend pinceau levé

C'est qu'il se trouvait un problème que les autres n'avaient pas. Le rouge était magnifique, mais le cardinal le portait déjà. Le bleu lui allait bien, mais on l'aurait pris pour un geai. Le corbeau ne voulait pas une belle couleur. Il voulait une couleur que personne d'autre n'aurait.

L'après-midi passa. Le colibri, arrivé bon dernier, eut droit à une goutte de chaque pot, et il en sortit habillé d'un éclat qui change selon la lumière. Le corbeau le regarda s'envoler et serra le bec. Même le plus petit avait trouvé mieux que lui.

Le soir venait. Le vieil homme rangea son pinceau et frotta ses mains dans l'herbe. Au fond des pots, il ne restait que des restes : un peu de rouge séché sur les bords, deux doigts de bleu.

« À toi, dit-il au corbeau. Tu es le premier arrivé et le dernier servi. Dis-moi ta couleur. Il m'en reste assez pour un bel oiseau comme toi. »

Le corbeau s'approcha du tronc. Il regarda les fonds de pots et sa gorge se serra. Toute la journée, il avait vu passer les plus belles couleurs du monde sur le dos des autres. Pour lui, il restait des restes.

« Je les veux toutes », dit-il.

Le vieil homme leva son pinceau. « Toutes à la fois ? Ce n'est pas comme ça qu'on fait une couleur. » Mais le corbeau ne l'écoutait plus. Il sauta sur le tronc et renversa le premier pot d'un coup d'aile. Puis le deuxième. Puis tous les autres.

Les couleurs coulèrent l'une dans l'autre sur le bois et sur la berge. Le rouge se noya dans le bleu, le jaune disparut là-dedans, la flaque devint sombre comme une nuit sans lune. Car voilà ce qui arrive quand on mélange toutes les couleurs du monde : il n'en reste aucune. Il reste du noir.

Pourquoi le corbeau est noir : les pots renversés, toutes les couleurs coulent en une flaque noire autour du corbeau

Le corbeau battait des ailes au milieu des pots renversés. La flaque l'éclaboussait à chaque coup. Quand il se calma enfin, il se pencha sur l'eau du lac pour découvrir sa couleur à lui, celle que personne d'autre n'aurait. Un oiseau entièrement noir le regardait.

Alors il cria. Lui qui avait la plus belle voix du pays cria si fort et si longtemps, ce soir-là, qu'elle se cassa pour de bon. C'est depuis ce jour que le corbeau croasse.

Le vieil homme ramassa ses pots sans se fâcher. Avant de reprendre le sentier, il regarda l'oiseau noir et lui dit quelque chose que le corbeau ne comprit que bien plus tard. « Tu les as eues, tes couleurs. Toutes. Attends le soleil. »

Il faut regarder un corbeau un jour de plein soleil pour comprendre. Sur ses plumes noires, quand la lumière glisse, on voit passer du bleu, du vert et du violet. Toutes les couleurs qu'il a renversées ce soir-là sont encore sur lui. Elles ne se montrent que quand il ne cherche pas à être vu.

Pourquoi le corbeau est noir : le corbeau noir en plein soleil, des reflets bleus et violets dans les plumes

Jobs d'animation

Envie de trouver un job dans l'animation facilement ?

Déposer mon profil

Explorer par type : Énigmes et devinettesBlagues

Tous nos énigmes, devinettes, contes et autres ressources