

Baignade en ACM : taux d'encadrement, diplômes requis et surveillance
Qui doit surveiller, combien d'animateurs et où ils se tiennent, quelles qualifications depuis l'arrêté de mars 2026, et à quoi sert vraiment le pass-nautique — la baignade en accueil collectif de mineurs, en schémas.
La baignade est l'activité la plus pratiquée en colo, et la seule dont un défaut d'organisation se paie en quelques minutes. Sur l'été 2025, Santé publique France a recensé 1 418 noyades dont 409 suivies d'un décès — et 33 mineurs morts en cours d'eau ou en plan d'eau, soit 58 % des décès de leur classe d'âge (bulletin NOYADES publié le 5 mai 2026). C'est précisément le terrain de la baignade hors zone surveillée.
Les règles tiennent en peu de chiffres. Les voici, à jour de l'arrêté du 24 mars 2026 qui a réécrit la liste des qualifications d'encadrement.
Le lieu
Où se baigne-t-on ? La question qui décide de tout
La baignade est l'une des vingt-deux activités à encadrement spécifique de l'arrêté du 25 avril 2012. Son annexe 2 contient deux fiches, et c'est le lieu qui désigne laquelle s'applique.

Ce qui fait basculer d'une fiche à l'autre, c'est la surveillance organisée sur place, pas le béton.
La surveillance est fournie sur place — maître-nageur ou BNSSA (art. A. 322-8). L'accueil n'a donc aucun surveillant de baignade à fournir : il signale son groupe, suit les consignes du poste, et place ses animateurs au taux.
Le lieu doit « ne présenter aucun risque identifiable ». L'accueil organise tout : reconnaissance du lieu, zone matérialisée, et un surveillant de baignade majeur et qualifié qui, lui, ne se baigne pas.
« Baignade aménagée et surveillée » ne veut donc pas dire piscine. Une plage tenue par un poste de secours, un plan d'eau surveillé aux heures affichées relèvent du même régime que le bassin municipal.
Sur le littoral, c'est le maire qui délimite les zones surveillées et fixe leurs horaires. En dehors, « les baignades et activités nautiques sont pratiquées aux risques et périls des intéressés » (art. L. 2213-23 du CGCT).
Surveillée, ça se vérifie à l'heure
Une plage surveillée le matin ne l'est plus le soir. Dès que le poste de secours ferme, le groupe repasse sous la fiche 2.2 : zone à baliser, surveillant de l'accueil, plafonds de 20 et 40 baigneurs.
Les taux
Combien d'animateurs, et où exactement
Le verbatim se lit au mot près : « ― dans l'eau, pour cinq mineurs si les enfants ont moins de six ans ; ― pour huit mineurs si les enfants ont six ans et plus » (annexe 2). Le « dans l'eau » n'est accroché qu'au premier tiret.

Sous six ans, donc, l'animateur est dans le bain, sans discussion.
À partir de six ans, un animateur pour huit reste dû, mais le texte ne dit pas où il se tient. L'affiche baignade de la DDCS de la Manche l'écrit noir sur blanc : « sans obligation pour l'animateur d'être dans l'eau, mais néanmoins fortement conseillé ».

Ces animateurs viennent en plus du surveillant. Deux précisions, souvent ratées.
Les plafonds de 20 et 40 baigneurs ne valent qu'hors baignade surveillée — ni en piscine, ni sur une plage tenue par un poste de secours. Là, c'est le POSS de l'établissement qui fixe combien de personnes peuvent être à l'eau en même temps (art. D. 322-16 du code du sport).
Et ces taux ne comptent que les enfants dans l'eau. Ceux qui restent sur la plage ont besoin de leur propre encadrement.
Le surveillant ne se baigne pas
Les services de l'État résument le partage en une phrase : le surveillant de baignade « surveille (donc ne se baigne pas) » (DDCS de la Manche). Il ne compte donc jamais dans le taux — les animateurs du taux, eux, sont avec les enfants.
La zone
Baliser la zone
Hors baignade surveillée, la zone de bain se matérialise dans l'eau. La fiche 2.2 impose lequel des deux dispositifs utiliser, selon l'âge du groupe.

Le balisage vient après la reconnaissance du lieu, jamais à la place. Et il ne disparaît pas avec les grands : pour un groupe de plus de 14 ans, l'animateur désigné reste tenu « de baliser la zone de baignade » (fiche baignade de la DDCS du Gard).
Le texte ne prescrit aucun produit : des bouées reliées par un filin, pas un matériel homologué. Le montage maison le plus fiable, ce sont des tronçons de frite de piscine enfilés sur une corde — déjà percée, elle flotte même abîmée et se repère de loin.
Tout se joue sur l'ancrage
« Ce matériel, une fois installé, ne doit pas nécessiter l'intervention d'un animateur pour être maintenu », écrit la DDCS de la Manche. Donc deux points fixes — un piquet ou un arbre sur la berge, un lest immergé côté large — une corde qui flotte en surface, et une vérification avant chaque bain.
L'encadrant
Qui peut encadrer, depuis l'arrêté de mars 2026
C'est le point qui a changé. La ligne « qualifications requises pour encadrer » de la fiche 2.2 a été remplacée par l'arrêté du 24 mars 2026, en vigueur depuis le 3 avril 2026.
Les listes publiées avant cette date — fiches départementales et sites spécialisés compris — sont incomplètes. Deux conditions valent pour toutes les voies : l'encadrant est majeur, et membre permanent de l'équipe pédagogique, désigné par le directeur.

Restent les diplômes. L'arrêté de 2026 en ouvre cinq, dont un tout neuf, le brevet de surveillant de baignade en ACM de la FNMNS.

Comment on obtient l'une de ces qualifications — prérequis, durée, épreuves et tarifs — est un sujet à part entière.
Le diplôme ne suffit donc pas : il faut aussi la bonne place dans l'équipe.
Un membre de l'équipe, majeur et qualifié, déclaré au TAM et placé sous l'autorité du directeur. Aucun texte n'exige de contrat : un bénévole déclaré coche la case comme un salarié — la déclaration vise « les personnes concourant à l'accueil », sans distinguer le statut (art. R. 227-2 du CASF).
Un prestataire facturé à la séance, même maître-nageur. Un animateur de 16 ou 17 ans (voir le guide dédié). Une qualification périmée.
La raison tient en une ligne. L'art. R. 227-13 ouvre six voies pour encadrer une activité physique, dont trois pour des intervenants extérieurs — mais la fiche baignade s'arrête à « membre de l'équipe pédagogique permanente ».
Ce n'est pas un oubli : la fiche voile, elle, rouvre explicitement les voies d'intervenant extérieur. Un professionnel du dehors a donc deux portes — la baignade surveillée, ou l'intégration à l'équipe.
Un surveillant juste pour la journée ?
Oui, si on le recrute et qu'on l'ajoute au TAM : il fait partie de l'équipe. Non s'il facture sa séance.
Attention : déclaré comme animateur, il compte dans l'effectif d'encadrement.
Dernier point, celui qui décide souvent d'une équipe : ces qualifications périment. Cinq ans pour la qualification « surveillance de baignade » du BAFA (arrêté du 28 octobre 2008), même rythme de recyclage pour le brevet de surveillant de baignade (CREPS Rhône-Alpes). Sur une attestation, deux choses à regarder — l'intitulé, et la date.
Les tests
Faut-il tester les enfants avant de les mettre à l'eau ?
C'est la confusion la plus tenace de l'été. Elle se règle en trois lignes.
Un test avant une baignade ? Aucun texte ne l'exige.
Le pass-nautique ? Il conditionne les activités nautiques — canoë-kayak, voile, surf, nage en eau vive (article 3 de l'arrêté du 25 avril 2012). Pas le bain.
Le savoir-nager scolaire ? Il ne conditionne pas la baignade non plus (art. D. 312-47-2 du code de l'éducation).
Aucune obligation, mais du bon sens
Repérer les non-nageurs avant le premier bain et composer les groupes en conséquence ne s'impose nulle part. C'est du projet pédagogique — et c'est ce qui rend le taux tenable.
Les drapeaux
Lire la plage : les drapeaux depuis mars 2022
Le décret n° 2022-105 du 31 janvier 2022 a remplacé la signalétique de 1962. Beaucoup de fiches en circulation décrivent encore l'ancienne.

Le décret ne connaît que trois signaux sur le mât — vert, jaune, rouge. L'orange a disparu : il est devenu le jaune. Le drapeau violet, lui, n'y figure pas : il relève de l'usage, où il annonce une pollution de l'eau ou des espèces dangereuses (Service-Public).
Le vert ne dispense de rien
Le drapeau renseigne sur l'état de l'eau, pas sur l'encadrement du groupe. Sur une plage au vert, le taux dans l'eau, les groupes nominatifs et le comptage à l'entrée et à la sortie restent exactement les mêmes.
Sur le terrain
Ce qui tient une baignade, en pratique
Le droit tient en quelques lignes. Ce qui évite l'accident, c'est l'organisation — et les services de l'État répètent partout les mêmes cinq gestes.
Des groupes nominatifs, un animateur identifié par groupe. Chacun sait qui il a.
Compter les enfants à l'entrée et à la sortie de l'eau. À chaque bain, sans exception.
Séparer les non-nageurs, les confier aux animateurs les plus expérimentés, les équiper de brassards ou d'une ceinture aux normes.
Surveiller aussi ceux qui sont sortis de l'eau : repos, toilettes, jeux sur le sable — le taux ne les couvre pas.
Un signal de sortie connu de tous, et une reconnaissance du lieu avant le premier bain — courants, profondeur, fond, accès.
Pourquoi ces cinq gestes
Le message que la DDCS de la Manche met en gros sur son affiche : une noyade peut se produire « sans un cri, sans une gestuelle brusque, dans 20 cm d'eau, en moins de 3 min ».
Cas particuliers
Les cas particuliers qui reviennent chaque été
Six situations reviennent tous les étés, et aucune ne se règle avec la seule fiche 2.2.

Juste les pieds dans l'eau. Oui, c'est une baignade : surveillant qualifié, taux, zone délimitée. Aucun texte ne fixe de profondeur plancher, et une noyade se produit « dans 20 cm d'eau » (DDCS de la Manche). Une bataille d'eau ou un tapis glissant, non — personne n'entre dans un plan d'eau.

La piscine hors-sol du centre. Un bassin reste un bassin : les taux s'appliquent, l'eau se change tous les jours sans filtration et se contrôle avant chaque baignade. Sur la qualification, les doctrines divergent — la Gironde exige un surveillant « pour tout bassin au-delà de 40 cm d'eau », le seuil de la pataugeoire (art. A. 322-25), d'autres exigent un surveillant « pour toute activité qui implique un bassin avec rétention d'eau » (mémento ACM DRAJES).

La piscine du camping. Accès payant : la surveillance est due par l'exploitant, maître-nageur ou BNSSA déclaré (art. L. 322-7 du code du sport). Demander le POSS en arrivant.
Si personne ne surveille — le cas le plus courant — le bassin n'est pas une « baignade surveillée » : le groupe repasse sous la fiche 2.2, et c'est le surveillant de l'accueil qui prend la main. Le surveillant de baignade est « obligatoire uniquement pour les baignades non surveillées » (DDCS de la Manche).

Les grands qui y vont seuls. En piscine surveillée uniquement, des groupes d'au plus 8 mineurs de 12 ans et plus peuvent s'y rendre sans animateur sur place, sur accord préalable entre l'encadrant de la baignade et le directeur — accord qui se redonne à chaque fois.

Le groupe de plus de 14 ans. Toute personne majeure de l'équipe pédagogique permanente peut encadrer, sans qualification spécifique. Tout le reste demeure : le taux d'un animateur pour huit, le balisage de la zone, la surveillance continue.

Le masque et le tuba. La fiche baignade vise une activité « exclusive de toute activité aquatique faisant appel à des matériels spécifiques ». Sortir palmes, masque ou tuba fait changer de régime — et de fiche. Toboggans, plongeoirs et frites, eux, restent de la baignade.
Ce que les textes ne disent pas
Aucun texte n'impose de tester les enfants avant un bain, ni les brassards, ni les bracelets de couleur, ni un délai après le repas, ni un matériel de balisage homologué. Ce sont des pratiques de prudence, recommandées par les services de l'État, qui relèvent du projet pédagogique.
Aucun texte ne définit non plus ce que veut dire « permanente » dans « membre de l'équipe pédagogique permanente ». Un bénévole déclaré et intégré à l'équipe répond au texte ; celui qui passe une heure tenir le bord, personne ne le tranche. Sur un montage limite, demander une réponse écrite à la SDJES.
Arrêté du 25 avril 2012 (application de l'art. R. 227-13 du CASF) et son annexe 2 — fiches 2.1 et 2.2, et article 3 pour le pass nautique ; arrêté du 24 mars 2026 — la réécriture des qualifications, en vigueur depuis le 3 avril 2026.
Art. A. 322-8 du code du sport — diplômes de surveillance ; art. L. 322-7 et art. D. 322-16 — baignades d'accès payant et POSS ; arrêté du 28 octobre 2008 — la qualification SB du BAFA.
Décret n° 2022-105 du 31 janvier 2022 — signalisation des baignades (le drapeau violet n'y figure pas ; Service-Public) ; art. L. 2213-23 du CGCT — police des baignades.
Santé publique France — noyades · fiches des services de l'État : SDJES — la baignade en ACM, avril 2026 · DDCS de la Manche · DDCSPP de la Lozère · DDCS du Gard · mémento ACM de la Gironde · mémento ACM DRAJES Bourgogne-Franche-Comté.
Guides liés : Devenir surveillant de baignade · Réglementation ACM, le vrai du faux · Animateur à 16 ou 17 ans · À quel âge passer le BAFA ?.