



La convention collective ÉCLAT : ce qu'elle prévoit et qui elle couvre
C'est quoi la convention ÉCLAT, où la lire gratuitement, si elle s'applique à toi et à ton CEE, ce qu'elle prévoit pour la grille, les congés, l'arrêt maladie et le préavis, et pourquoi elle s'impose à un employeur qui n'a rien signé. Chaque réponse s'appuie sur le texte.
C'est quoi
La convention ÉCLAT, c'est quoi ?
C'est la convention collective de l'animation. « Convention ÉCLAT », « convention de l'animation » et « IDCC 1518 » désignent le même texte. Il a été signé le 28 juin 1988. Un arrêté du ministre du Travail l'a rendu obligatoire pour tout le secteur le 10 janvier 1989 (le texte sur Légifrance). Ses signataires l'ont renommé ÉCLAT en 2019 (avenant n° 177 du 1er octobre 2019). Le sigle veut dire « métiers de l'Éducation, de la Culture, des Loisirs et de l'Animation ». Seul le nom a changé.
Une convention collective est un contrat entre les employeurs d'un secteur et les syndicats de salariés. Ils y négocient des règles propres au secteur : la grille de salaires, l'ancienneté, les congés. Ces règles sont souvent meilleures que la loi. L'IDCC (identifiant de convention collective) est le numéro qui désigne ce texte quel que soit son nom. Un avenant est une modification signée après coup par les mêmes négociateurs.

Le texte
Où lire la convention ÉCLAT gratuitement ?
Sur Légifrance. Le site publie le texte officiel à jour de chaque avenant. Le Code du travail numérique est le site du ministère du Travail. Il ne publie pas le texte mais il répond aux questions courantes sur ÉCLAT : préavis, congés, arrêt maladie. Les deux sont gratuits. Les sites qui vendent « le PDF de la convention ÉCLAT » vendent une copie.
Pour moi ?
Est-ce que la convention ÉCLAT s'applique à moi ?
Ça dépend de ton employeur, pas de ton métier. « La convention collective applicable est celle dont relève l'activité principale exercée par l'employeur » (art. L. 2261-2 du code du travail). ÉCLAT couvre les organisations privées à but non lucratif dont l'activité principale est l'éducation, la culture, les loisirs ou l'animation (article 1.1 de la convention).

Une association d'animation ou une MJC (maison des jeunes et de la culture) relèvent d'ÉCLAT. Une mairie relève de la fonction publique territoriale. La fonction publique n'a pas de convention collective. Une société qui vend des colos suit un autre texte. Ton bulletin de paie tranche. L'employeur doit y écrire « l'intitulé de la convention collective de branche applicable au salarié » (art. R. 3243-1).
En CEE
Et si je suis en CEE ?
Non, en pratique ÉCLAT ne s'applique pas à ton contrat d'engagement éducatif (CEE). Il est écrit dans le code de l'action sociale et des familles (art. L. 432-1 et suivants). Son salaire minimum vient d'un décret et pas de la convention. La convention avait une annexe pour les « animateurs occasionnels ». Les négociateurs l'ont retirée quand l'État a créé le CEE : « l'annexe II de la convention collective de l'animation est abrogée » (avenant n° 121 du 17 décembre 2008).

Chez un même employeur le permanent en CDI suit la convention et le saisonnier en CEE suit ce code. Un contrat qui renvoie encore à « l'annexe II » s'appuie sur un texte supprimé depuis 2008. Aucun texte ne dit si un CEE peut réclamer une garantie générale de la convention. Ce guide suit la lecture du secteur : non.
Le salaire
Quelle grille de salaire avec ÉCLAT ?
ÉCLAT fixe un salaire minimum par groupe de postes. Chaque poste a un coefficient, c'est-à-dire un nombre de points. Les minimums se calculent avec la valeur du point, un montant en euros que les négociateurs révisent par avenant (annexe I, art. 1.7). Ton groupe est écrit sur ton contrat. Au 1er juin 2026 le minimum du groupe A passe sous le Smic. C'est donc le Smic qui est payé. Le guide du salaire donne les montants à jour, groupe par groupe.

L'ancienneté se compte elle aussi en points : « une prime d'ancienneté de 2 points après 12 mois de travail effectif ou assimilé » puis « 2 points après chaque période de 12 mois » (annexe I, art. 1.7.2).
Les congés
Combien de congés avec ÉCLAT ?
La loi te donne cinq semaines de congés par an : « deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif » (art. L. 3141-3 du code du travail). Les jours ouvrables comptent du lundi au samedi. La convention renvoie « aux dispositions légales ». Elle fixe la période où tu poses ces congés : du 1er mai au 31 octobre (art. 6.1). Les animateurs techniciens et les professeurs ont eux aussi cinq semaines. Leur année de référence est l'année scolaire (annexe I, art. 1.4.6).
ÉCLAT ajoute des congés pour les événements de ta vie (art. 6.2). Ils se comptent en jours ouvrés : les jours où tu aurais travaillé.
Tu as 5 jours pour ton mariage ou ton Pacs, 3 jours pour une naissance ou une adoption, 5 jours pour le décès de ton conjoint, 3 jours pour le décès d'un parent, d'un frère ou d'une sœur, 1 jour pour le mariage d'un frère ou d'une sœur, 1 jour pour un déménagement. Un parent d'enfant malade de moins de 16 ans a 12 jours d'absence payés par an, par périodes de 3 jours au plus.

Pour le décès d'un enfant la loi donne plus que la convention : 12 jours ouvrables, et 14 si l'enfant avait moins de 25 ans. C'est la fiche du ministère du Travail qui le rappelle.
La maladie
Arrêt maladie : ÉCLAT maintient-elle ton salaire ?
Oui, à partir de six mois d'ancienneté. « Le salarié ayant 6 mois d'ancienneté bénéficie du maintien de son salaire net (avantage en nature exclus) du 4e au 90e jour d'arrêt maladie » (art. 4.4.2). Il faut que tu aies fait tes démarches auprès de la Sécurité sociale et qu'elle verse ses indemnités.
Le salaire est maintenu dès le premier jour dans cinq cas :
ton premier arrêt de moins de 15 jours dans l'année, si tu as moins de cinq ans d'ancienneté ;
tes deux premiers arrêts de moins de 15 jours dans l'année, si tu as plus de cinq ans d'ancienneté ;
un arrêt de plus de 15 jours ;
une hospitalisation ;
plus de 50 ans.
Un premier arrêt de 12 jours avec 7 mois d'ancienneté est donc payé dès le premier jour.

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle aucune ancienneté n'est demandée. Le maintien dure six mois. Le Code du travail numérique détaille le calcul.
Le préavis
Quel préavis de démission avec ÉCLAT ?
D'un à trois mois selon ta catégorie. C'est la durée de ta période d'essai : « le délai-congé sera égal à la durée de la période d'essai fixée au paragraphe 4.4.1 » (art. 4.4.3). Le délai-congé est le mot de la convention pour le préavis. Il est d'un mois pour les ouvriers et les employés, de deux mois pour les techniciens, les agents de maîtrise, les animateurs techniciens et les professeurs, de trois mois pour les cadres. Ta catégorie dépend de ton groupe, écrit sur ton contrat.

Ta démission se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Le préavis commence à la première présentation de la lettre. Pour un licenciement après deux ans d'ancienneté, « le délai-congé ne peut être inférieur à deux mois ». Le Code du travail numérique donne ces durées par catégorie.
Qui gagne
Code du travail ou convention : qui gagne ?
C'est le texte le plus favorable pour toi qui gagne. ÉCLAT « peut comporter des stipulations plus favorables aux salariés que les dispositions légales en vigueur ». Elle ne peut pas « déroger aux dispositions qui revêtent un caractère d'ordre public », ces règles qui protègent tout le monde (art. L. 2251-1).

Sans signature
Mon employeur n'a rien signé : la convention s'impose quand même ?
Oui, parce qu'ÉCLAT est étendue. Une convention seulement signée n'engage que « les signataires ou membres des organisations ou groupements signataires » (art. L. 2262-1). L'arrêté d'extension du ministre du Travail la rend ensuite « obligatoire pour tous les salariés et employeurs compris dans le champ d'application » (art. L. 2261-15). Pour ÉCLAT c'est fait depuis janvier 1989. Chaque avenant repasse par le même circuit.

Si ton employeur ne l'applique pas, l'interlocuteur est l'inspection du travail. Elle est « chargée de veiller à l'application […] des conventions et accords collectifs de travail » (art. L. 8112-1). Tu la joins par la DDETS de ton département, la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités. Le SDJES (le service Jeunesse et Sports de ton département) contrôle l'accueil des mineurs, pas ta paie.
Qui négocie
Qui négocie ÉCLAT : Hexopée et quels syndicats ?
Côté employeurs, un arrêté reconnaît à Hexopée le droit de négocier pour le secteur. Depuis un arrêté du 24 juillet 2024 qui a fusionné plusieurs branches, Familles rurales et les structures de pêche de loisir signent aussi les avenants. Côté salariés, un arrêté du 30 octobre 2025 reconnaît cinq syndicats : la CGT en tête, puis Solidaires, la CFDT, FO et l'UNSA.

Tous les quatre ans, les votes des salariés rejouent la place à la table (art. L. 2122-5). En dessous de 8 % des voix un syndicat n'est plus représentatif.
Pour finir
Les textes
Convention collective ÉCLAT (IDCC 1518) sur Légifrance, signée le 28 juin 1988, étendue par arrêté du 10 janvier 1989 ; sa page sur le Code du travail numérique.
Convention ÉCLAT, art. 4.4 (période d'essai, arrêt maladie, préavis), art. 6.1 (congés payés), art. 6.2 (congés de courte durée), annexe I art. 1.4 (animateurs techniciens et professeurs) et art. 1.7 (valeur du point, ancienneté).
Avenant n° 177 du 1er octobre 2019 (le nom ÉCLAT) ; avenant n° 121 du 17 décembre 2008 (l'abrogation de l'annexe II « animateurs occasionnels ») ; arrêté du 24 juillet 2024 (la fusion avec Familles rurales et la pêche de loisir).
Arrêté de représentativité syndicale du 30 octobre 2025, celui du 13 décembre 2021 et l'arrêté de représentativité patronale du 13 décembre 2021.
Code du travail, art. L. 2261-2 (quelle convention s'applique), L. 2262-1 (effet entre signataires), L. 2261-15 (extension), L. 2251-1 (faveur au salarié), L. 2122-5 (représentativité), L. 3141-3 (congés payés), L. 8112-1 (l'inspection du travail), R. 3243-1 (le bulletin de paie).
Code de l'action sociale et des familles, art. L. 432-1 et L. 432-2 : le régime légal du contrat d'engagement éducatif.
Fiches du ministère du Travail pour l'IDCC 1518 sur le Code du travail numérique : le préavis de démission et le maintien de salaire en arrêt maladie.
Note de transparence : sur le CEE, ce guide suit la lecture du secteur, celle d'un contrat que seule la loi encadre. Aucun texte ne tranche l'inverse.
Guides liés : les institutions de l'animation · le salaire d'un animateur · le contrat d'engagement éducatif.
Le texte de la convention a été lu dans la base KALI de la DILA, qui alimente Légifrance, puis recoupé sur les pages Légifrance des articles cités le 22 septembre 2026. Les fiches du ministère du Travail ont été lues le même jour.
Les articles du code du travail qui font tenir la mécanique (champ, extension, faveur au salarié, inspection du travail, bulletin de paie) ont été recopiés au mot sur le Code du travail numérique.
Sept pages concurrentes ont été relues : aucune n'expliquait l'arrêté d'extension, aucune ne traitait la frontière entre le CEE et la convention.
